Entre DDJ-FLX4 et Mixtrack, le verdict est net : le Pioneer DDJ-FLX4 pour qui vise rekordbox et le matériel de club, le Numark Mixtrack Pro FX pour qui veut de grandes jog wheels et Serato à budget serré. Le Mixtrack Platinum FX ajoute quatre decks et des écrans, utiles mais pas indispensables au début.
Verdict par profil de débutant
- Objectif club, clé USB et platines CDJ un jour : DDJ-FLX4 avec rekordbox.
- Envie de scratcher et de toucher de grands plateaux : Mixtrack Pro FX avec Serato DJ Lite.
- Quatre decks, écrans dans les jog wheels : Mixtrack Platinum FX.
Deux contrôleurs, deux façons d'entrer dans le mix
Le DDJ-FLX4 et le Mixtrack Pro FX sont deux contrôleurs DJ à deux voies, alimentés par le port USB de l'ordinateur et dotés d'une carte son intégrée : ils se branchent sur un portable, sur des enceintes actives, et le mix commence. Pioneer DJ a présenté le FLX4 en novembre 2022, comme successeur du DDJ-400 ; la marque appartient aujourd'hui à AlphaTheta Corporation, qui signe désormais les fiches techniques. Numark, de son côté, décline la gamme Mixtrack depuis de nombreuses années, avec le Pro FX en entrée et le Platinum FX un cran au-dessus.
La vraie différence tient moins au boîtier qu'à l'écosystème. Un DDJ-FLX4 forme à rekordbox, le logiciel qui prépare aussi les clés USB lues par les platines Pioneer installées dans la plupart des clubs. Un contrôleur Numark forme à Serato, très répandu chez les DJ de soirée, de mariage et de hip-hop. Les deux logiciels savent caler les morceaux, poser des hot cues, boucler un passage et appliquer des effets : apprendre l'un ne ferme pas la porte de l'autre, mais le premier logiciel devient souvent celui où vit la bibliothèque musicale pendant des années.
Sur les forums anglophones et dans les fils Reddit, la question revient sous la forme « which one should I start with ? ». Les réponses les mieux notées ramènent presque toujours au même point : savoir où l'on veut jouer dans un an, en home studio, en soirée privée ou derrière un booth de club.
FLX4 et Mixtrack Pro FX comparés sur huit critères
Les fiches officielles de Pioneer DJ et de Numark, relevées en octobre 2026, donnent les caractéristiques suivantes. Les cases vides du côté d'un fabricant signalent une donnée qu'il ne publie pas.
| Critère | Pioneer DJ DDJ-FLX4 | Numark Mixtrack Pro FX |
|---|---|---|
| Decks pilotés | 2 | 2 (4 sur le Platinum FX) |
| Logiciel gratuit | rekordbox, Serato DJ Lite, djay, Traktor Play | Serato DJ Lite |
| Version payante | Serato DJ Pro sous licence | mise à niveau vers Serato DJ Pro |
| Jog wheels | format compact | 6 pouces, tactiles capacitives |
| Pads | 8 par deck : hot cue, pad FX, beat jump, sampler | 8 par deck : hot cue, auto loop, sample, fader cuts |
| Aides au mix | Smart Fader, Smart CFX | deux palettes d'effets, six effets en accès direct |
| Mobile | rekordbox iOS et Android, USB-C ou Bluetooth | non annoncé |
| Connectique | master RCA, sortie casque, micro jack 6,35 | master RCA, casque 6,35 et 3,5, micro jack 6,35 |
Aucun des deux ne propose de sortie booth ni d'entrée ligne pour une platine vinyle : ce sont des contrôleurs d'apprentissage, pas des tables de mixage autonomes. Sans ordinateur, tablette ou téléphone, ni l'un ni l'autre ne produit de son.
Quel logiciel est compatible avec le DDJ-FLX4 ?
Le DDJ-FLX4 fonctionne avec rekordbox, Serato DJ Lite, djay et Traktor Play sans licence à acheter, selon la fiche de Pioneer DJ. C'est l'argument le plus solide du contrôleur : brancher le FLX4 débloque les fonctions de mix de rekordbox, et le même boîtier pilote aussi Serato DJ Lite si l'on change d'avis. Serato DJ Pro et djay Pro restent payants, par licence ou abonnement. La fiche anglaise résume cette compatibilité par la mention « works with », suivie des quatre logiciels.
Le principe porte un nom chez les fabricants : le déverrouillage matériel, ou hardware unlock. Le logiciel détecte le produit branché et ouvre les fonctions prévues pour lui, sans clé de licence. Un contrôleur compatible avec plusieurs logiciels garde donc sa valeur si l'on change d'outil ; un contrôleur compatible avec un seul logiciel lie l'apprentissage à ce produit. Avant d'acheter, la page de compatibilité du fabricant reste le guide le plus juste, car la liste évolue avec les mises à jour du firmware : Pioneer DJ affiche par exemple la version 1.07 du firmware du FLX4, datée de septembre 2025.
Le contrôleur dialogue aussi avec rekordbox sur smartphone, en USB-C ou en Bluetooth. Le constructeur précise une limite : la sortie audio par USB-C fonctionne avec rekordbox pour iOS, « not on Android », ce qui oblige un utilisateur Android à sortir le son autrement. Pour un téléphone, la marque recommande aussi un adaptateur secteur USB, la batterie d'un mobile ne suffisant pas à alimenter le contrôleur.
Et le Mixtrack, Serato uniquement ?
Le Mixtrack Pro FX est livré avec Serato DJ Lite pour Mac et PC, avec une voie de mise à niveau vers Serato DJ Pro, et deux mois d'essai du logiciel d'éclairage SoundSwitch. Serato DJ Lite donne accès au streaming TIDAL et SoundCloud en Wi-Fi. Sur le papier, Numark ne cite pas rekordbox. Le logiciel libre Mixxx publie de son côté, dans son manuel, la liste des contrôleurs qu'il prend en charge : à vérifier avant l'achat si l'on refuse tout logiciel propriétaire. Pour comparer les logiciels de mix aux logiciels de production, la page qui oppose Ableton, FL Studio et Logic pour débuter en MAO explique pourquoi un DAW ne remplace pas Serato ou rekordbox.
Jog wheels, pads et effets : la prise en main
Les jog wheels du Mixtrack Pro FX mesurent 6 pouces et réagissent au toucher : c'est le point qui séduit les débutants attirés par le scratch, car le plateau donne une sensation proche d'un vinyle. Celles du DDJ-FLX4 sont plus compactes ; elles suffisent pour caler un morceau à l'oreille, freiner ou pousser une piste, mais restent moins confortables pour scratcher.
Côté pads, chaque contrôleur aligne 8 pads rétroéclairés par deck. Sur le FLX4, ils commandent les hot cues, les pad FX, le beat jump et le sampler ; sur le Mixtrack, les hot cues, l'auto loop, les samples et les fader cuts, ce dernier mode imitant les coupes rapides du crossfader. Un hot cue posé sur l'entrée du refrain, puis une boucle de quatre temps, permet de répéter une transition jusqu'à la maîtriser.
Les effets suivent deux philosophies. Numark mise sur deux palettes à ressort, sous les doigts, qui déclenchent l'écho, la réverbération, le flanger, le phaser et les filtres. Pioneer mise sur le Smart CFX, un bouton qui applique une combinaison d'effets prédéfinie, et sur le Smart Fader.
Le beatmatch, c'est-à-dire caler deux morceaux au même tempo puis aligner leurs temps forts, s'apprend de la même façon sur les deux produits. Le bouton sync fait le beatmatch à la place du DJ ; le couper oblige à écouter au casque, à corriger au tempo et à la jog wheel, et c'est là que le geste devient juste. Les fiches anglaises parlent de « loop » pour la boucle et de « hot cue » pour le repère : une auto loop de huit temps, lancée au bon moment, donne le temps de faire un beatmatch propre avant d'ouvrir la voie. Le format compact du FLX4 ou les grands plateaux du Mixtrack ne changent rien à ce travail d'oreille.
Le Smart Fader, une aide à double tranchant
Le Smart Fader du DDJ-FLX4 ajuste ensemble le volume, les basses et le BPM pendant qu'on pousse un fader de voie ou le crossfader. La transition sonne propre dès le premier soir, ce qui rassure. Le revers est connu des formateurs : à force de laisser l'automatisme gérer les basses et le tempo, on apprend moins vite à beatmatcher à l'oreille. Couper le Smart Fader après quelques séances, puis caler deux morceaux au tempo près, reste la meilleure école ; la page sur le tempo de la house, de la techno et de la drum and bass aide à repérer les morceaux qui s'enchaînent sans forcer.
Pour qui le Pioneer DDJ-FLX4 est-il le bon choix ?
Le Pioneer DDJ-FLX4 convient au débutant qui rêve de jouer un jour en club. Les clubs équipés de platines Pioneer lisent des clés USB préparées dans rekordbox : trier sa musique, poser ses hot cues et ses boucles dans ce logiciel dès le premier contrôleur évite de tout refaire plus tard. Le FLX4 sert alors de banc d'entraînement à la disposition club, avec deux voies, un crossfader et des égaliseurs à trois bandes.
Il convient aussi à celui qui hésite encore entre deux logiciels, puisque Serato DJ Lite et rekordbox tournent sans frais sur le même boîtier. Son poids de 2,1 kg et son alimentation par USB-C le rendent facile à emporter chez un ami. Enfin, le mix sur téléphone avec rekordbox mobile dépanne pour une soirée improvisée, à condition de prévoir l'alimentation.
Pour qui le Numark Mixtrack Pro FX est-il le bon choix ?
Le Numark Mixtrack Pro FX convient au débutant qui veut sentir le plateau sous la main. Les grandes jog wheels, les palettes d'effets et le mode fader cuts orientent vers le hip-hop, le scratch léger et le mix de soirée, terrain où Serato domine. Pour un home studio où l'on mixe le week-end pour le plaisir, sans projet de club, ce contrôleur fait le travail.
Il se trouve en général un cran sous le FLX4 en budget, l'écart variant selon les enseignes et les promotions. La sortie casque double, en jack 6,35 et 3,5 mm, évite un adaptateur ; la page dédiée au casque DJ fermé pour le club et la maison aide à choisir celui qui ira avec.
Le Mixtrack Platinum FX vaut-il le surcoût ?
Le Mixtrack Platinum FX reprend la base du Pro FX et ajoute le pilotage de quatre decks, avec des écrans couleur au centre des jog wheels qui affichent le BPM, la position du plateau, le temps restant, le pitch et la tonalité. Ces écrans limitent les allers-retours entre contrôleur et ordinateur. Pour un premier contrôleur, quatre decks restent rarement utiles : la majorité des débutants apprennent sur deux voies pendant des mois. Le Platinum FX se justifie surtout si les écrans comptent dans la décision, ou si l'on prévoit de superposer acapellas et boucles.
Les limites de chaque contrôleur avant d'acheter
Le DDJ-FLX4 a les défauts de ses qualités. Ses jog wheels compactes frustrent les amateurs de scratch, il n'a pas de sortie booth, et le Smart Fader peut retarder l'apprentissage du calage manuel. Sur Android, la sortie audio par USB-C ne passe pas avec rekordbox mobile.
Le Mixtrack Pro FX enferme davantage dans Serato : le passage à rekordbox n'est pas prévu par Numark, et Serato DJ Lite limite certaines fonctions qu'il faudra débloquer avec Serato DJ Pro, payant. Comme le FLX4, il n'accepte pas de platine vinyle ni de source ligne externe. Pour l'un comme pour l'autre, les petites enceintes de bureau suffisent au début, mais un système correct et un casque fermé changent nettement l'écoute ; la sélection des instruments électroniques pour mixer et composer situe le contrôleur parmi le reste du matériel.
FLX4 contre Mixtrack : budget, mixage et home studio
FLX4 ou Mixtrack pour le mixage pur ?
Pour le mixage pur, le DDJ-FLX4 forme mieux à la disposition club et à rekordbox, tandis que le Mixtrack Pro FX offre de meilleures sensations de plateau. Un DJ house ou techno qui enchaîne des morceaux longs tirera davantage du FLX4 ; un DJ qui coupe, scratche et enchaîne vite préférera le Mixtrack.
Le FLX4 est-il meilleur pour les débutants ?
Le FLX4 est plus polyvalent pour un débutant, grâce à quatre logiciels gratuits et au Smart Fader. Il n'est pas meilleur dans l'absolu : un débutant qui veut scratcher apprendra plus vite sur les grandes jog wheels du Mixtrack.
Quel est le prix du FLX4 et du Mixtrack ?
Les deux contrôleurs appartiennent à l'entrée de gamme. Le Mixtrack Pro FX se situe en général un cran sous le DDJ-FLX4, et le Platinum FX à un niveau proche du FLX4 ou un peu au-dessus. Le prix de chaque produit varie selon les enseignes : il faut comparer au moment de l'achat, en ajoutant une éventuelle licence Serato DJ Pro.
Le Mixtrack est-il compatible avec rekordbox ?
Le Mixtrack Pro FX n'est pas présenté par Numark comme compatible avec rekordbox : sa fiche cite Serato DJ Lite, Serato DJ Pro et SoundSwitch. Pour mixer dans rekordbox, le DDJ-FLX4 reste le choix juste, puisque le logiciel le reconnaît en hardware unlock.




